
Alors que vous êtes de plus en plus nombreux à vous exercer au silence intérieur, ni même avoir la discipline et la posture d’un Bouddha, votre pratique d’un Yoga s’apparente souvent à une gymnastique méditative. Par ce mélange de connaissances d’un continent à un autre vous avez une opportunité de choisir ce qui vous fait du bien et sans même le savoir, vous savez déjà utilisez des Mudras.’
Les Mudras tracent l’itinéraire d’un voyage intérieur dont le paysage vous propose la découverte d’autres perceptions. Elles sont un langage et une écriture métaphysique communs à tout l’Extrême-Orient. Ces peuples les utilisent pour témoigner de leur dévotion ou bien elles sont données lors d’une initiation secrète conduite par un chaman, un lama Tibétain ou un maître du bouddhisme Zen.
Vos Mudras ne sont pas seulement un mouvement ni un réflexe, elles dessinent des mouvements codifiés qui s’ordonnent autour d’une rotation plus ou moins ample de vos poignets et vos avant-bras. Étant donné que tous vos gestes conscients ont toujours plus de force, spontanément, une Mudra pacifie les troubles de l’âme, et cela vous fait du bien. Les Mudras augmentent votre sensitivité, votre cerveau est mieux irrigué par l’énergie qui circule dans votre corps. Cela anime vos neurones; vous obtenez un élargissement de votre conscience et une nouvelle compréhension de la logique des évènements.
C’est au cours d’un apprentissage du Bharata Natyam, une danse de l’Inde du Sud et avec le maître chaman Joska Soós du clan hongrois des Baksa qui les introduisit dans sa pratique que je fus initiée aux Mudras : une expérience de plusieurs années. Voir http://www.youtube.com/watch?v=st-wzVhTcO0
Mitakuye Oyasin, pour le bien de tous les vivants avec quelques minutes d'un petit film maladroit où l'on voit le Shaman Joska Soos qui m’enseignait Mudra Créer une Sphère de Paix. Accompagnement sonore : Flora Desondes Hommage à la Terre, voix, tambour et bols chantants Tibétain
Ce qui différencièrent les êtres humains d’autres formes de vie, c’est leur main et son savoir-faire intelligent. La main, jusqu’au bout des doigts est l’outil du cerveau. C’est elle qui s’aventure dans l’inconnu, explore, examine et se souvient. Ce qu’une main touche, elle ne l’oublie pas. Dès l’aube de l’humanité, la main découvrit son pouvoir de créer des objets qui la prolongeait et l’aidait dans ses tâches ; elle enfanta l’intelligence en provoquant une réponse du cerveau.
Aujourd’hui, dans les bruits de la ville où de multiples propositions vous imposent leurs images, la part de l’invention s’amenuise et votre créativité aussi. Certes, les robots vous assistent mais, plus ils sont nombreux et plus vous privez votre cerveau de ses capacités de réfléchir. Les Mudras agissent sur des régions du cerveau qui sont peu sollicitées, elles vous donnent une force pour agir que seule l’expérience vous permet d’apprécier. Réfléchissez avec votre main, proposez-lui de trouver des réponses, et vous serez émerveillés !
Même si vous êtes débutant, formez des Mudras pour avoir le bénéfice de leurs bienfaits. Mudra de la confiance et Mudras de la prière sont les plus simples pour observer vos réactions. Néanmoins, commencez par assouplir vos mains avant de former une Mudra. Dès que vos mains vont gagner en souplesse, vous choisirez dans le texte celles des Mudras qui correspondent à votre attente. Il n’est pas obligatoire de commencer par la première Mudra et de continuer chapitre, par chapitre. Mais avant d’enchaîner les pages, il est préférable d’attendre quelques jours pour observer comment votre corps réagit. Les Mudras vous remplissent d’énergie, la sagesse conseille de vous y habituer. Évaluez la souplesse de votre cerveau, lorsque le volume d’énergie reçut est plus important que votre capacité à vous y adapter, une migraine ou une colique vous le fait savoir. Avancez à votre rythme. Prenez le temps de respirer profondément.
Les Mudras s’accompagnent d’une respiration spécifique et un débutant suivra d’abord mes indications avant de trouver un rythme plus personnel. Votre geste doit être souple et lorsque vous êtes bien rodés, il se peut que vos mains accomplissent d’autres mouvements : laissez faire si cela vous fait du bien !
En accomplissant vos Mudras vous envoyez par réciprocité un message au cerveau (le vôtre et celui de la personne qui le regarde), vos mains parlent. Ce qu’elles disent est aussi entendu dans l’invisible de l’atmosphère et tous ceux qui voient plus que les formes physiques des corps savent que des fibres colorées prolongent vos doigts et habillent votre corps tout entier : jusqu’où sont visibles ces fibres et qui les voit ?
L’ignorance pourrait vous laisser croire que vous êtes les seuls êtres doués d’intelligences. Ceux qui ont la capacité de percevoir dans l’impalpable de l’atmosphère savent que d’autres intelligences communiquent avec vous. C’est une question d’ouverture et de souplesse. D’ordinaire c’est la peur qui vous limite face au non visible des corps. C’est la peur des non croyants. Celui qui a sa foi, reçoit sa divinité dans son cœur ; et plus encore s’ouvre pour recevoir sa présence.
Les Mudras parlent aux divinités, mais aussi les écoutent. Dans le secret des temples elles invoquent, convient et demandent. Elles sont couramment utilisées dans les monastères et les temples d’Asie pour ouvrir leurs rites. Elles matérialisent des offrandes de fleurs, d’eau et de nourritures offertes en dévotion. Dans l’ancien Tibet, les lamas utilisaient les Mudras pour matérialiser une force magique, celle qui terrasse les démons. Des gestes secrets qu’ils dissimulaient dans les amples manches de leurs costumes d’où jaillissaient un Phurbu (poignard rituel), un Dordge (objet qui symbolise la volonté) ou une petite cloche d’argent.
Aux rites s’ajoutaient des sons (Mantras) et des Dharani[1] psalmodiés ; toujours transmises de Maître à disciple.
En Inde mais aussi en Indonésie ou en Thaïlande, les Mudras sont utilisées comme langage par des danseuses sacrées. Tous les spectateurs lisent les gestes des chorégraphies qui se jouent depuis que la danse et la musique furent connues des hommes ; c’est le corps qui parle le langage mystique des divinités.
Vos mains ne forment pas que des gestes mécaniques. Lorsque au théâtre vous applaudissez, vous formez Mudra de la Louange. En Asie, dans les monastères, il est utilisé pour éveiller les êtres lorsque la main droite frappe la main gauche ; si la main gauche frappe la main droite, les religieux en charges du rituel disent de cette Mudra qu’elle chasse les démons lorsqu’ils rodent autour des offrandes.
S’il vous arrive, quelquefois, de serrer les poings pour manifester de la colère ou une menace, c’est un geste de défense (Mudra des Poings). Les chamans, comme les bouddhistes, considèrent que la colère ne nous appartient pas, ils la disent provoquée par des esprits avides ; vos émotions sont leur nourriture, ils éprouvent aussi la solidité de votre patience.
Lorsque vous serrez les poing c’est aussi un réflexe pour vous protéger.
Dans le cours d’un rituel, pour terrasser les démons les officiants accompagnent de
Mantras la puissance de Mudra des Poings.
Même s’ils sont nombreux, ils ne sont que des illusions magiques dispersées par votre force intérieure ; les autres sont nommés Asuras (demi-dieu, titan du cercle des morts et des renaissances) nommés Maras dans la tradition hindoue.